Nous avons décidé pour la Toussaint de quitter notre paisible Pondi chérie, pour reprendre nos bonnes vieilles habitudes: Le voyage à la routard. Après avoir longuement hésité sur l’endroit, nous nous sommes finalement fixés sur Hampi, petite ville qui fait partie du Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1986. Nous l’avions déjà visité il y a 3 ans et vu que c’était tellement bien ... Mais avant d’arriver dans cet havre de paix , il a fallu prendre le train ... même beaucoup de trains!

Et même si sur les portes des wagons on vous souhaite la bienvenue, il n'est pas simple de joindre les deux bouts. Nous sommes donc partis le dimanche à 7h40 de Pondicherry pour rejoindre Villapuram situé à quelques 30 km pour ensuite prendre une première correspondance qui allait nous emmener à Chennai (ex-Madras). Arrivés à 12H00, nous nous enfilons un déjeuner bien local pour caler nos estomacs jusqu’à Bangalore. Nous reprenons le train à 13H00 pour finalement atteindre Bangalore (surnommé le “Silicone Valley Indien”) à 21h00. Alors que nous arrivons dans la banlieue de cette mégapole, le train s’arrête encore dans quelques petites gares où quelques personnes descendent pour rentrer à la maison. L’une d’entre elles a failli ne jamais revoir les siens. Dans les trains indiens comme dans tous les autres trains de la planète, les portes se trouvent de part et d’autre du wagon, ce qui permet de descendre là où se trouve le quai. Parfois à gauche, parfois à droite. Ici, toutes les portes sont ouvertes ... même quand le train roule. Imaginez ça chez nous? Non, n’imaginez rien, c’est tout simplement impossible! Donc il est très facile de descendre du train par n’importe quelle issue. Certains choisissent le coté le plus sûr en optant pour le quai, d’autres, plus téméraires, qui n’écoutent pas les voix de la sagesse préfèrent les voies ... Parfois l’arrêt dans une gare signifie aussi que l’arrivée d’un autre train dans l’autre sens est imminente ... Vu qu’il n’ y a qu’une voie, l’un cède le passage à l’autre. Et c’est exactement ce qui s’est produit. Pour les jeunes, pas de problèmes, il suffit de sauter sur le quai ... mais pour une dame d’une cinquantaine d’année, ce n’est pas chose aisée. La sirène insistante du train se faisait rapidement de plus en plus audible ... mais pour cette femme, impossible d’atteindre le quai ... C’est grâce à l’aide de deux personnes qui ont réussi à la soulever in extremis qu’elle est encore en vie car une demi seconde plus tard le train traversait la gare à grande vitesse ...
Nous arrivons à Bangalore City Junction à 21h après, faisons un rapide calcul ... 13 heures et des raouettes passées dans les trains! Il nous faut trouver un hôtel pour passer une nuit réparatrice. Le fait que nous sommes déjà venu nous simplifie la tâche. Nous nous rendons dans le quartier dans lequel nous avons déjà logé à plusieurs reprises. Nous somme accueilli par un concert de pétards et de fusées d’artifice. Devinez quoi? Et oui! Encore un festival ... et pas n’importe lequel! DIWALI! Ici on fête Diwali comme nous fêtons Noël ... pas Noël Godin, l’entarteur ... non, ... Noël tout court! Tout le monde dans la rue se souhaite “Happy Diwali” et ratatatatata ... une guirlande de pétards. Diwali est la fête de la lumière et elle a lieu tous les ans en novembre lors de la nouvelle lune qu’on nomme ici “Black Moon”. Et vu que cet évènement est basé sur le calendrier lunaire, la date varie selon l’endroit où l’on se trouve. Diwali a commencé le samedi soir à Pondicherry, le dimanche soir à Bangalore et le mardi soir à Hampi. En d’autres mots, nous avons eu un début de Diwali 4 jours d’affilée!
Bangalore (état du Karnataka) est une ville énorme avec son lot d’embouteillages, de pollution, et de bruit. Nous nous y arrêtons car c’est la ville où ... on se fait un MacDo (Maharadja Chicken Burger) ... on va au cinéma (Body of Lies) ... Cécile et Eva se font couper les cheveux (Salon Nayana) ... et où j’achète mes lunettes (Puma et Hilfiger). Après cette journée que nous pouvons qualifier d’occidentale, nous nous apprêtons à revenir à la réalité indienne et à prendre le train de nuit pour rejoindre Houbli, ville étape ... et comme son nom l’indique ... vu qu’il n’y a pas grand chose à y faire ... on a vite fait de ne plus s’en souvenir. Quatre heures d’attente (car avec 30 minutes de retard, la correspondance nous est passée sous le nez) et donc ... patience! Hospet est la gare la plus proche d’Hampi. A peine descendu du train, les rickshaw men nous prennent d’assaut ... Hampi par ci, Hampi par là ... Nous prenons le bus, tant pis! Installés dans le bus local, nous remarquons assez vite que même si c’est la basse saison, l’attrait pour cette ville est évident. En effet, rapidement le bus se retrouve rempli à 60% de touristes routards à tendance baba cool ... Cool!

35 minutes plus tard, nous arrivons finalement, après un périple de plus de 27 heures de train, à destination. Le charme de ce village est resté intacte malgré un nombre impressionnant de guest house qui se sont ouvertes depuis notre précédente visite. Ici, toutes les maisons particulières affichent “Rooms” ... donc facile de trouver de quoi se loger.

Cette semaine fût une semaine de balades, de beau temps, de flânerie, et de ... restaurant tibétain. Vu que dans un endroit aussi retiré les conditions d’hygiène sont ce qu’elles sont et que la préservation des aliments laisse parfois à désirer dans un endroit où les coupures de courant sont aussi fréquentes que les piqûres de moustiques, nous avons privilégié ce resto tibétain qui semblait préserver nos estomacs. Le plat national au pays du Dalaï Lama est le “Momo”, une sorte de ravioli fourré aux légumes et cuit à la vapeur. En fait, Cécile pourrait vous en faire une thèse. Elle en a mangé tous les jours!

Le lieu est absolument magique. Rudyard Kiplin (1865-1936) s’est certainement inspiré de l’endroit pour écrire “Le livre de la jungle” (paru en 1894).


Des temples en ruines perdus dans les bananeraies, des collines couvertes d’énormes blocs de granite sculptés par les vents et les moussons, et la Tungabhadra river qui serpente dans ce paysage ... c’est tout simplement magnifique.





De plus, la quiétude qui règne ici fait rapidement oublier les concerts de klaxons des villes. Ici, très peu de trafic car Hampi se résume en gros à une allée principale face au temple principal de Virupaksha (avatar de Shiva).

Historiquement, Hampi est le vestige grandiose de la dernière capitale du dernier grand royaume hindou de Vijayanagar, dont les princes extrêmement riches firent édifier des temples dravidiens et des palais admirés par tous les voyageurs de l’époque (entre le XIVe et le XVIe siècle). Conquise par la Confédération islamique du Deccan en 1565, la ville fut livrée au pillage pendant six mois, puis abandonnée.



Nous sommes arrivés à Hampi alors qu’ils préparaient ... Devinez quoi? Et oui, encore un festival ... le 3, 4, 5 novembre. Plus de 200000 personnes étaient attendues pour cet évènement et 3000 policiers déployés ... Et à quoi reconnait-on un policier indien?

A la moustache comme chez nous, me direz vous. Que neni ... ici, 99% des hommes la portent.

On les reconnait au bâton!
Malheureusement nous n’avons pas pu assister à ce festival (le plus important du Karnataka) car il fallait rentrer, école d’Eva oblige mais nous avons malgré tout profité des préparatifs.



Après une semaine relaxe le plus dur était à venir: refaire tout le chemin dans l’autre sens ... et ce ne fût pas une sinécure. Le premier train que nous reprenons, le dimanche, est un train local ... J’aurais même tendance à dire un train bocal!

Sur les banquettes prévues pour 4, on dénombre 7 personnes (dont des enfants, mais quand même). Autant vous dire que ça fait chargé et tout cela sans mentionner celles qui sont debout. On se croirait dans le métro de Tokyo en pleine heure de pointe ... à la différence près qu’ici ... ça dure 4h40!!! Heureusement, que le train suivant est de nuit et avec réservation ... Notre tout premier train couchette AC (AirCo): le luxe! Les draps sont fournis ainsi qu’une couverture et un coussin. Tout est d’un blanc immaculé! Et oui, ça arrive ...

Après un nouvel arrêt MacDo, une visite rapide chez le iGuru d'Apple et la récupération des lunettes à Bangalore, nous arrivons finalement à Pondicherry le mardi en fin de matinée ... Et même si ce n’était pas toujours drôle, on a quand même fait un sacré bout en train! (Je sais, c’est facile!)
Aum sweet Aum! Restons zen ...