lundi 22 décembre 2008

Les fêtes

Nous ne sommes pas en reste même si la température est de 32 degrés. Ici les gens préparent les fêtes de fin d'année aussi. Les décorations sont à l'image du pays ... colorées!

Nous avons subtilisé un "sapindien" que nous avons copieusement enguirlandé. L'illusion est totale. Ca le fait!

Pas de crêche mais nous n'aurions eu aucun mal à trouver un substitut à mettre entre le boeuf et l'âne.

On en profite pour vous souhaiter une excellente fête de Noël!

"Vive le vent, vive le vent, vive le vent (chaud) d'hiver ..."

dimanche 21 décembre 2008

Gingee Fort et Tiruvannamalai

Le dimanche 7 décembre, nous décidons avec une famille française (avec qui nous avons d’excellents rapports) de partir pour une excursion d’un jour. Deux destinations sont au programme: Le Gingee Fort et le Temple de Tiruvannamalai où se déroule chaque année à la même période (le 11 décembre) l’une des plus grandes processions religieuses de l’état, la fête de Deepam. Un gigantesque feu est alors allumé sur la montagne Aruna Sivalingam. A cette occasion, les dévots prennent d’assaut en masse la petite ville ainsi que son excroissance terrestre qui culmine à 500 m ...
Après 2h de route, et son lot de “Tuuuttttt” et de “Oufti, il est dingue ce bus qui dépasse en face!”, nous arrivons au Gingee Fort ... qui a la particularité de se décliner sur deux collines.

Le premier, sur la colline la moins haute, porte le nom de Krishnagiri.

Tandis que le second, Rajagiri, situé, lui, de l’autre coté de la route culmine à environ 400 m. Ne reculant pas face à l’effort, c'est celui là que nous choisissons de gravir par la face nord (En fait, elle était au sud mais on aurait perdu la rime).

Autant vous dire que la grimpette n'est pas pour les tapettes ... Les marches oscillent entre 40 cm et 80 cm de haut ... et elles sont ridiculement étroites. Les indiens devaient à l’époque chausser du 37 grand max. Moi et mon 48, on n’était pas avantagés. Cécile non plus d’ailleurs avec sa double cargaison.

A plusieurs reprises, il a fallu faire de petits arrêts respi! On se demandait même comment les assaillants pouvaient atteindre le sommet et ensuite attaquer la forteresse ...

Nous en sommes arrivés à la conclusion que ceux qui voulaient prendre possession de l’endroit devaient commencer à quelques milliers et ensuite espérer qu’un ou deux puissent atteindre le sommet. Mais deux larrons ne faisaient évidemment pas le poids contre toute une garnison donc ... ce fort n’a certainement jamais dû changer de mains! Cela étant, les occupants des lieux devaient s’embêter ferme ... pas d’invasions, pas de visites impromptues ... Et toujours selon notre théorie, c’est la raison pour laquelle un autre fort moins haut et à l’accès plus direct a été construit en face. Enfin des envahisseurs pouvaient agrémenter les longues journées d’été!

Nous arrivons au sommet après 1h20 d’ascension. Sur le site même il n’y a rien à voir si ce n’est quelques ruines et des amas de pierres. Tout ça pour ça me direz vous? Et bien non car il y a la vue!

Et là, il faut reconnaitre que la vue est imprenable, un peu comme le fort, d’ailleurs! Après 10 secondes d’intense émerveillement, il faut déjà repenser à descendre car notre chauffeur nous attend en bas ... et doit très certainement être en manque de klaxonage!

Nous reprenons notre véhicule pour nous rendre à Tiruvannamalai où les préparatifs vont bon train pour la procession du 11! Vous allez me demander mais pourquoi y être allé une semaine plus tôt. La raison est simple: Il est impossible d’accéder à la ville déjà 2 jours avant la cérémonie car le monde qui y assiste est incommensurable (pas facile à placer celui à dans une discussion de tous les jours)!
Voici, la section ... “Ne mourrons pas idiot!” Merci Richard pour les infos! Tiruvannamalai veut dire “Sainte inaccessible colline”. Shiva s’y est manifesté sous la forme d’une colonne de feu afin de calmer Brahma (le créateur) et Vishnou (le protecteur). C’est la raison pour laquelle, encore aujourd’hui on allume ce brasier. Ce Saint Signal, pour quiconque vient l’adorer, est gage de prospérité et de Bien-être. Alors comprenez bien qu’avec un tel slogan ... il y a du monde au portillon!

Ce qui est également intéressant à noter c’est que la colline de Tiruvannamalai est exactement à l’opposé du Machu Picchu au Pérou (ci-dessus). Autre particularité, à Tiruvannamalai la Mère Divine est adorée et se nomme Patchaï Ammanne (littéralement: Vert Emeraude Mère). Chez les Incas elle porte quasi le même nom: Pacha Mama (Terre Mère).

En vue de la parade, les chars religieux sont méticuleusement astiqués,



les vendeurs de babiolles en tous genres sont déjà sur le pied de guerre,

et les dévots prient et “incantent” leurs dieux favoris.
A Tiruvannamalai, le temple est énorme.

Un long passage couvert en marbre mène à l’entrée du temple. Après avoir laissé nos chaussures chez le gardien, nous entrons dans l’enceinte (non, je ne parle pas de Cécile).

Là, un premier enchainement de temples aux tailles diverses ... plus loin une volée d’escalier donne accès à une autre enceinte (je ne parle toujours pas de Cécile).

C’est une ville dans la ville. Ce temple est tellement grand qu’on y trouve même une banque ...

ainsi qu’un éléphant qui bénit hommes et femmes,

... même enceinte (là, je parle de Cécile).
Quelques marches plus haut, le temple des temples ... on y fait la file pour y prier le temps de quelques secondes une statue dorée à l’effigie de Shiva. Les haut-parleurs (les enceintes ... oui d’accord ... ça suffit maintenant!) diffusent des mantras (chants religieux hypnotiques et répétitifs) qui sont repris en choeur par les pèlerins ... Impressionnant!

Aux alentours du temple, l’effervescence est toujours palpable alors que pour nous il est déjà l’heure de quitter les lieux non sans avoir prié le Saint-Christophe local pour que la route soit clémente ...

vendredi 5 décembre 2008

Sri Aurobindo

Quand on parle de Pondicherry, il y a des thèmes qu’il est difficile de ne pas aborder. Sri Aurobindo est l’un d’eux.
Sri Aurobindo (né le 15 août 1872) a un parcours étonnant. Il sera prof de langues français/anglais avant de se lancer dans la politique en rédigeant des éditos nationalistes dans un grand journal indien. Il est à l’origine de la propagande visant l’indépendance de l’Inde toujours sous le joug britannique. Et bien avant Gandhi, il prône la non-coopération et la résistance passive face au tout puissant empire de sa majesté. Très en vue et donc devenu très dangereux pour le pouvoir colonial, il est arrêté et emprisonné pendant une année. Son incarcération en 1908 sera un tournant dans sa vie: “De la libération de l'Inde, il passe à une philosophie axée sur l'avenir de l'homme, l'âge nouveau de l'Esprit et l'apparition d'une espèce nouvelle.” Ni plus, ni moins!

C’est en 1910 qu’il arrive à Pondicherry et se tourne vers le yoga. En 1926, il se retire complètement de la vie publique mais reste néanmoins très actifs par ses écrits philosophiques. Son Ashram, qui voit le jour la même année, devient alors le point central de la communauté.
Aujourd’hui marque le 58ième anniversaire du départ de Sri Aurobindo. Ici, on fait très attention à ne pas parler de “mort”. Car il n'est pas mort, ... il a juste “quitté son corps” le 5 décembre 1950.

Demain, c’est un autre barbu célèbre qui est à l’honneur. Mais ça, c'est une autre affaire.

Le 5 décembre, il est possible de visiter les appartements de Sri Aurobindo au sein de l’Ashram, rue le la Marine (en français dans le texte, of course!). Nous arrivons sur place vers 8h45. Après avoir enlevé nos chaussures, nous suivons le parcours cordé qui longe les murs de la résidence. Nous entrons dans l’enceinte de ce temple du silence. C’est étonnant cette absence de bruit qui y règne.

Au centre de la cour, the Samadhi, une sépulture de marbre blanc tous les jours abondamment fleurie qui renferme le corps de la Mère ainsi que celui de Sri Aurobindo. Autour, ... des gens qui prient, qui se recueillent, qui méditent dans un silence total. Une ambiance très particulière se dégage de l’endroit. Nous montons finalement à l’étage en file (indienne, of course!). Là, nous entrons dans un appartement meublé avec goût. Le style des meubles en “Rosewood” ou bois de rose (palissandre) est raffiné. La chambre est lumineuse. Un lit est planté en plein milieu de ce grand espace. Des grandes bibliothèques renferment une multitude d’ouvrages ... Sur un divan du salon, de nombreuses peaux de tigre et de panthère sont étendues. Une flopée d’objets en ivoire sont rassemblés dans d'étroites vitrines. Dans une petite pièce annexe, un divan haut.

Celui-là même où se sont assis La Mère et Aurobindo pour quelques séances photo. Tout est figé ... et toujours ce respectueux silence malgré le chassé-croisé incessant de personnes qui visitent en rang serré ce lieux d'une vie.

En sortant de l’appartement, autour d’un petite table ronde, deux personnes distribuent un petit mot pour marquer cette date anniversaire. A l’intérieur du petit livret, une phrase, en deux langues (anglais/français).

Une vérité vraie qui chez moi résonne!