Après 2h de route, et son lot de “Tuuuttttt” et de “Oufti, il est dingue ce bus qui dépasse en face!”, nous arrivons au Gingee Fort ... qui a la particularité de se décliner sur deux collines.
Le premier, sur la colline la moins haute, porte le nom de Krishnagiri.
Tandis que le second, Rajagiri, situé, lui, de l’autre coté de la route culmine à environ 400 m. Ne reculant pas face à l’effort, c'est celui là que nous choisissons de gravir par la face nord (En fait, elle était au sud mais on aurait perdu la rime).
Autant vous dire que la grimpette n'est pas pour les tapettes ... Les marches oscillent entre 40 cm et 80 cm de haut ... et elles sont ridiculement étroites. Les indiens devaient à l’époque chausser du 37 grand max. Moi et mon 48, on n’était pas avantagés. Cécile non plus d’ailleurs avec sa double cargaison.
A plusieurs reprises, il a fallu faire de petits arrêts respi! On se demandait même comment les assaillants pouvaient atteindre le sommet et ensuite attaquer la forteresse ...
Nous en sommes arrivés à la conclusion que ceux qui voulaient prendre possession de l’endroit devaient commencer à quelques milliers et ensuite espérer qu’un ou deux puissent atteindre le sommet. Mais deux larrons ne faisaient évidemment pas le poids contre toute une garnison donc ... ce fort n’a certainement jamais dû changer de mains! Cela étant, les occupants des lieux devaient s’embêter ferme ... pas d’invasions, pas de visites impromptues ... Et toujours selon notre théorie, c’est la raison pour laquelle un autre fort moins haut et à l’accès plus direct a été construit en face. Enfin des envahisseurs pouvaient agrémenter les longues journées d’été!Nous arrivons au sommet après 1h20 d’ascension. Sur le site même il n’y a rien à voir si ce n’est quelques ruines et des amas de pierres. Tout ça pour ça me direz vous? Et bien non car il y a la vue!
Et là, il faut reconnaitre que la vue est imprenable, un peu comme le fort, d’ailleurs! Après 10 secondes d’intense émerveillement, il faut déjà repenser à descendre car notre chauffeur nous attend en bas ... et doit très certainement être en manque de klaxonage!Nous reprenons notre véhicule pour nous rendre à Tiruvannamalai où les préparatifs vont bon train pour la procession du 11! Vous allez me demander mais pourquoi y être allé une semaine plus tôt. La raison est simple: Il est impossible d’accéder à la ville déjà 2 jours avant la cérémonie car le monde qui y assiste est incommensurable (pas facile à placer celui à dans une discussion de tous les jours)!
Voici, la section ... “Ne mourrons pas idiot!” Merci Richard pour les infos! Tiruvannamalai veut dire “Sainte inaccessible colline”. Shiva s’y est manifesté sous la forme d’une colonne de feu afin de calmer Brahma (le créateur) et Vishnou (le protecteur). C’est la raison pour laquelle, encore aujourd’hui on allume ce brasier. Ce Saint Signal, pour quiconque vient l’adorer, est gage de prospérité et de Bien-être. Alors comprenez bien qu’avec un tel slogan ... il y a du monde au portillon!
Ce qui est également intéressant à noter c’est que la colline de Tiruvannamalai est exactement à l’opposé du Machu Picchu au Pérou (ci-dessus). Autre particularité, à Tiruvannamalai la Mère Divine est adorée et se nomme Patchaï Ammanne (littéralement: Vert Emeraude Mère). Chez les Incas elle porte quasi le même nom: Pacha Mama (Terre Mère).
En vue de la parade, les chars religieux sont méticuleusement astiqués,

les vendeurs de babiolles en tous genres sont déjà sur le pied de guerre,

et les dévots prient et “incantent” leurs dieux favoris.A Tiruvannamalai, le temple est énorme.

Un long passage couvert en marbre mène à l’entrée du temple. Après avoir laissé nos chaussures chez le gardien, nous entrons dans l’enceinte (non, je ne parle pas de Cécile).
Là, un premier enchainement de temples aux tailles diverses ... plus loin une volée d’escalier donne accès à une autre enceinte (je ne parle toujours pas de Cécile).

C’est une ville dans la ville. Ce temple est tellement grand qu’on y trouve même une banque ...
ainsi qu’un éléphant qui bénit hommes et femmes,
... même enceinte (là, je parle de Cécile).Quelques marches plus haut, le temple des temples ... on y fait la file pour y prier le temps de quelques secondes une statue dorée à l’effigie de Shiva. Les haut-parleurs (les enceintes ... oui d’accord ... ça suffit maintenant!) diffusent des mantras (chants religieux hypnotiques et répétitifs) qui sont repris en choeur par les pèlerins ... Impressionnant!
Aux alentours du temple, l’effervescence est toujours palpable alors que pour nous il est déjà l’heure de quitter les lieux non sans avoir prié le Saint-Christophe local pour que la route soit clémente ...




1 commentaires:
Eh bien là Philippe on découvre un pays très humoristique finalement !
C'est plus le routard, c'est le rigolard !
;-)
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