vendredi 5 décembre 2008

Sri Aurobindo

Quand on parle de Pondicherry, il y a des thèmes qu’il est difficile de ne pas aborder. Sri Aurobindo est l’un d’eux.
Sri Aurobindo (né le 15 août 1872) a un parcours étonnant. Il sera prof de langues français/anglais avant de se lancer dans la politique en rédigeant des éditos nationalistes dans un grand journal indien. Il est à l’origine de la propagande visant l’indépendance de l’Inde toujours sous le joug britannique. Et bien avant Gandhi, il prône la non-coopération et la résistance passive face au tout puissant empire de sa majesté. Très en vue et donc devenu très dangereux pour le pouvoir colonial, il est arrêté et emprisonné pendant une année. Son incarcération en 1908 sera un tournant dans sa vie: “De la libération de l'Inde, il passe à une philosophie axée sur l'avenir de l'homme, l'âge nouveau de l'Esprit et l'apparition d'une espèce nouvelle.” Ni plus, ni moins!

C’est en 1910 qu’il arrive à Pondicherry et se tourne vers le yoga. En 1926, il se retire complètement de la vie publique mais reste néanmoins très actifs par ses écrits philosophiques. Son Ashram, qui voit le jour la même année, devient alors le point central de la communauté.
Aujourd’hui marque le 58ième anniversaire du départ de Sri Aurobindo. Ici, on fait très attention à ne pas parler de “mort”. Car il n'est pas mort, ... il a juste “quitté son corps” le 5 décembre 1950.

Demain, c’est un autre barbu célèbre qui est à l’honneur. Mais ça, c'est une autre affaire.

Le 5 décembre, il est possible de visiter les appartements de Sri Aurobindo au sein de l’Ashram, rue le la Marine (en français dans le texte, of course!). Nous arrivons sur place vers 8h45. Après avoir enlevé nos chaussures, nous suivons le parcours cordé qui longe les murs de la résidence. Nous entrons dans l’enceinte de ce temple du silence. C’est étonnant cette absence de bruit qui y règne.

Au centre de la cour, the Samadhi, une sépulture de marbre blanc tous les jours abondamment fleurie qui renferme le corps de la Mère ainsi que celui de Sri Aurobindo. Autour, ... des gens qui prient, qui se recueillent, qui méditent dans un silence total. Une ambiance très particulière se dégage de l’endroit. Nous montons finalement à l’étage en file (indienne, of course!). Là, nous entrons dans un appartement meublé avec goût. Le style des meubles en “Rosewood” ou bois de rose (palissandre) est raffiné. La chambre est lumineuse. Un lit est planté en plein milieu de ce grand espace. Des grandes bibliothèques renferment une multitude d’ouvrages ... Sur un divan du salon, de nombreuses peaux de tigre et de panthère sont étendues. Une flopée d’objets en ivoire sont rassemblés dans d'étroites vitrines. Dans une petite pièce annexe, un divan haut.

Celui-là même où se sont assis La Mère et Aurobindo pour quelques séances photo. Tout est figé ... et toujours ce respectueux silence malgré le chassé-croisé incessant de personnes qui visitent en rang serré ce lieux d'une vie.

En sortant de l’appartement, autour d’un petite table ronde, deux personnes distribuent un petit mot pour marquer cette date anniversaire. A l’intérieur du petit livret, une phrase, en deux langues (anglais/français).

Une vérité vraie qui chez moi résonne!

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