vendredi 24 octobre 2008

Auroville

Alors voici un gros morceau: AUROVILLE! Beaucoup d’entre vous n’en n’ont sûrement jamais entendu parler et pourtant ça a le mérite de soulever quelques questions et de ne pas laisser indifférent. Comment vous résumer Auroville simplement? Il s’agit d’une ville fondée fin des années soixante par un bande de babas-cool qui avaient envie de recommencer quelque chose de neuf. Vu qu'on fait toujours du neuf avec de l’ancien, l’idée était d’utiliser la terre non fertile de notre société (ça c’est pas ce qui manquait), y incorporer de nouvelles valeurs (là, fallait quand même réfléchir un peu), ensuite mettre une bonne dose de courage et d’énergie (il semblerait que ça n’a pas été rose tous les jours) pour tenter de faire germer un nouveau mode de vie et de pensée qui allait se matérialiser sous la forme d’une ville-concept.
Le terrain choisi pour monter ce projet était loin d’être idyllique. Une vaste étendu désertique située sur les hauteurs non loin de Pondicherry (15 km) allait devenir sous l’impulsion d’une poignée de pionniers un lieu symbolique et unique en son genre.
L’inauguration d’Auroville eut lieu officiellement le 28-2-1968 sous le regard de représentants de 124 pays qui tous avaient apporté dans leurs valises de la terre de leur nation. Ces échantillons furent placés dans une urne qui symbolise encore aujourd’hui l’Unité.
L’année 2008 marque le 40ième anniversaire d’une utopie ... réalisée.

Quand on arrive sur les lieux, un panneau en 13 langues vous souhaite la bienvenue (Tiens, il n’y a pas le flamand). Un peu plus loin, le “centre d’information”, par lequel il est impératif de passer pour obtenir un laisser-passer donnant accès au site de la Matrimandir, diffuse en boucle un film de 5 minutes qui survole l’historique de la ville ...
A peine la diffusion finie, tout le monde se rechausse et se dirige vers “l’expo-center”.



Là ... des photocopies, des photos d’époque, la charte de l’inauguration, des textes qui prêtent à réflexion, ... (les photos avec du texte sont en qualité supérieure ... cliquez dessus et vous aurez l’occasion de lire le contenu).

Le samedi est une journée où de nombreux bus débarquent les touristes d’un jour (essentiellement indiens) ainsi que de jeunes écoliers en uniforme dans les allées balisées et cordées du site. Ici pas moyen d’aller gambader dans la verte campagne.
Et oui, ce plateau désertique d’antan a laissé place à un site verdoyant et largement boisé.

Cet arbre à la particularité de grandir horizontalement. Des branches tombantes et prenants racine assurent à l’arbre la stabilité nécessaire à sa croissance ... et cela à plus d’une trentaine de mètres du tronc!

Après une balade d’une dizaine de minutes, on arrive sur le site de la Matrimandir ...

C’est un peu comme St Pierre de Rome ou la Basilique de Koekelberg mais Rond! Ce lieu de méditation qui peut être visité (mais il faut s’y prendre à l’avance), représente l’âme ... Vaste programme! Pour “La Mère” (Mira Alfassa 1878-1973, fondatrice d'Auroville), tout ceci n’a rien de religieux ... Ici, il s’agit juste d’élever sa conscience ...

Je ne veux pas rendre ce chapitre indigeste, donc si vous voulez en savoir plus sur Auroville ... taper le nom dans n’importe quel moteur de recherche, il vous donnera bien plus d’infos ...
Mon sentiment est mixte par rapport à cet "endroit"; d'un côté une réelle fascination face à ce laboratoire d'un monde meilleur et de l'autre un questionnement à savoir ce qu'il y a vraiment derrière.

Voici, pour ceux qui aiment ça, un dernier texte qui amènera certainement la réflexion et la discussion dans quelques chaumières ... Bonne lecture à ceux que ça intéresse. Et ceux que ça n'intéresse pas ... pas grave ... allez, remets-en une ... c'est pour moi!

N'hésitez pas à réagir ... en laissant vos commentaires ci-dessous. Ca m'intéresse!

vendredi 17 octobre 2008

Cette semaine ...

Nous avons fêtés nos 11 ans de couple dans un endroit "chic" ...
(à Bruxelles, on dirait "bonbon")

Ca, ça peut vous paraître anodin, mais vu d'ici c'est perçu comme un don du ciel. Et en plus, c'était excellent!

Pourrait-on faire plus simple? C'est une vraie question!

L'Inde à deux vitesses. L'une est mobile, ... l'autre pas.

L'Inde à une vitesse! Ici, pas de dérailleur "Shimano" ... et devinez à qui est ce vélo qui dépasse? Hein? ... Ben, tiens!

A méditer ...

L'Inde sans vitesse, ... juste un autre aspect de l'Inde.

jeudi 9 octobre 2008

Fête

Sur la porte du Lycée : “Ce mercredi 8 octobre les sections maternelle et primaire seront en congé dû à la fête des armes”. Ah bon? Dès le matin, on a droit à un petit concert de pétards, comme si le niveau sonore n’était pas déjà assez élevé comme ça (voir le précédent post) ... Tout ça pour fêter les armes. Bref, nos intentions étant plus pacifistes, nous en profitons pour nous rendre à la mer et piquer une petite tête dans une eau qui devait avoisiner les 30° ... sans déconner! Même sur la mer, les bateaux de pêcheurs se sont livrés à une bataille du genre Trafalgar sans l'Amiral Nelson (1805) ou bien encore “Master and Commander” sans Russell Crowe (2003) ... sans les effets spéciaux, mais avec le son. Ah, ces Indiens ... quels joyeux drilles. Toujours là pour faire la fête bruyamment.
En fin d’après midi, nous apprenons que non seulement c’était la fête des armes (ça, on n’en doutait plus) mais également celle des outils. Ah oui? Tant qu’à faire, pourquoi pas! Là, ça se traduit par des bénédictions à gogo de ce qui peut être considéré comme "outil". En clair, à peu près TOUT! Tant qu’à faire, ... pourquoi pas!

Ce qui roule (ou presque) est soigneusement peinturluré de signes tribaux ... en guise de “blessing”.

Des autels improvisés pour les prières qui apportent la bonne fortune pendant un an.

Les couronnes de fleurs au guidon des motos et des vélos sont légion, de même que les branches de bananier sur les rickshaws et les voitures.

Imaginez une telle fête chez nous ... vu qu’on n’a pas de bananiers ... on placerait des poireaux de part et d’autre de nos calandres. Ca mettrait quand même un peu de gaité dans nos mornes rues.

mercredi 8 octobre 2008

Etonnant

J'ai effleuré la problématique de la pollution ... elle est sonore aussi! Sur la route, le principe de "Il n'y a que ce qu'il y a devant moi qui existe" atteint son paroxysme. De fait, toute approche par l'arrière est notifiée par un coup de sonnette (pour les vélos), par un coup de klaxon (pour motos et autos) et par la corne de brume amplifiée pour tout ce qu'il y a de plus gros. Autant vous dire que dans la rue le niveau frôle le 100 db constant ... Le problème avec le son, c'est qu'il se faufile partout. Voilà où je veux en venir ... J'ai été témoin, hier, d'une chose pour le moins surprenante. Je suis allé prendre des renseignements dans un bureau qui donne sur LA rue la plus centrale de Pondicherry, Nehru Street (portant le nom de Jawaharlal Nehru 1889-1964, 1er ministre en 1947 et père d'Indira Gandhi, ... pour ne pas mourir bête). A un moment de la conversation, l'employé décroche son téléphone et se met à parler ... avec un autre employé qui se trouvait à 3 mètres de son bureau. Et oui, afin d'éviter de s'époumoner pour passer au dessus du niveau sonore ... ici on décroche le téléphone. Etonnant, non?

mercredi 1 octobre 2008

Dans la rue

Il n’est pas exagéré de dire qu’ici on se fait très souvent accoster en rue. Que ce soit par des vendeurs de backgammon de voyage ou encore de serpents articulés en bois, que par des mendiants qui sont en forte augmentation par rapport à il y a 2 ans. Elargissement du gouffre entre pauvres et riches? Ou mendicité professionelle? Certainement les deux! Mais parfois c’est une agence de casting qui sollicite votre pâle peau pour des sessions de photo, des films ou bien encore pour la pub. Emballé, pesé, nous voilà engagé pour une pub de 12h30 à 14h ... Eva aura l’honneur d’un gros plan ainsi qu’une ligne de texte en tamoule qui sera doublée, plus tard, par une voix locale ...
Curieux d’entendre ça! ☺

Le réalisateur donne ses instructions.

Le D.P. prépare le gros plan.

Deux répétitions ... et puis: "Action!"

Et voilà, c'est dans la boite!

Ce qu'il faut savoir

Nous entendons souvent chez nous que les usagers faibles ont la priorité sur nos routes. Ici, c’est plus logique: Les usagers faibles sont, comme le mot l’indique, faibles. Ils n’ont, vous l'aurez compris, la priorité que sur ceux qui le sont encore plus qu’eux. Ils doivent évidemment faire excessivement attention aux usagers “forts” qui eux ont bien souvent un volume sonore de klaxon proportionnel à leur poids.
Voici donc une échelle des priorités sur les routes indiennes:
-Chiens
-Piétons
-Vélos
-Deux roues motorisées
-Voitures
-Bus
-Camions
Et la priorité des priorité revient à ...
-La vache ... je ne vous le fais pas dire!

Petite annonce

Nous avons recueilli ce chien qui répond au doux nom de (V)Orace mais nous ne pouvons plus le garder. (Il a mangé notre chat). Il est malgré tout très affectueux avec les enfants. Il pourrait aussi très facilement avoir un rôle dans le prochain "Resident Evil" ou dans "La nuit des morts vivants 7"Euh ... je blague! Nuage se porte très bien ... :-)

Ambiances

A quelques 8 kilomètres de Pondicherry ... le calme.



Le mystique est partout.

Même aux abords d'un temple, un sourire n'est jamais loin.

Ici, il fait chaud ... très chaud!

Malgré un essai de sensibilisation ... l'Inde reste un pays assez sale.
C'est son principal fléau!

Sglurp

Voici le frère de la première victime de Nuage ...
On n'a retrouvé que sa queue!

Marché



Les couleurs sont partout ... et les odeurs aussi.

Maternité

Ici, le fait d'avoir une fille n'est pas toujours bien accepté. De nombreux nourissons fille sont encore abandonnés voire même tués. Ici une campagne de sensibilisation ... à coté d'une maternité. Il faut aussi savoir que la loi interdit aux parents de connaitre le sexe de l'enfant avant la naissance.

Wecome in India!

Et bien, ça y est ... Voici enfin le début du blog. Commençons donc par le commencement. Après un vol direct Bruxelles-Chennai (ex-Madras) avec la compagnie indienne Jet Airways, nous foulons enfin le tarmac indien. Au pays de Gandhi, comme dans tous les pays, on s’amuse, on chante, on rit ... certes! Mais on ne rentre pas facilement avec un chat. Car, oui, notre chat fait partie du voyage. Nous avions pourtant fait le nécessaire pour que notre félin de poche puisse fouler de ses petites pattes bleues le sol sacrément voué à la vache! A peine avons nous récupéré nos bagages (et ce dans un temps record) que nous voyons débarquer, par porteur, dans sa cage, notre chat lourdement “sédativé”. Là, on prononce la célèbre phrase tiré du plus grand best-seller:
“« Youpi, on va pouvoir sortir dehors ! […] » — (La Petite Patrie, page 76, Claude Jasmin, 1972)” ... mais l’étymologie du mot “youpi” n’est pas indienne ... En tout cas pas à 1:15 du matin ... On nous dit de patienter. Aïe. Dix minutes plus tard, une personne vient nous annoncer que le responsable émanant du ministère de l’agriculture ne sera là qu’à 10 heures. What? Sorry? Comment? Et quoi? Vient alors, une autre personne qui nous dit que le bureau est ouvert 24h/24 mais il ne se trouve pas tout près. No problemo, let’s go! Je saute dans un taxi, tout en laissant Cécile, Eva et Nuage dans le frigo aéroportuaire. La devise ici est toujours :“Clim or die” (petit jeux de mots pour les anglophile!). Il est maintenant 2h30 et 25 km plus loin, nous arrivons, non sans avoir tourné un peu en rond, devant le bâtiment officiel ... aux portes closes! Et non, les fonctionnaires indiens ne sont pas plus zélés que les nôtres. Faudra attendre 10 heures! 3h15, de retour à l’aéroport. Le dortoir attenant est complet, même les trottoirs sont presque sold-out aussi! La seule et unique solution: dormir dans les fauteuils du Zaventem local ... Et bien, ils ne sont pas confortables du tout. Résultat des courses, personne n’a réussi à dormir! Tout au plus somnoler mais rien de réparateur ... Seule occupation fixer l’horloge et je vous jure que dans un moment pareil les secondes indiennes défilent sensiblement plus lentement. 4h12 ... 5h38 ... 7h24 ... 9h28 ... Faut retourner au Ministère! Arrivé sur place, un “officiel” me fait m’assoir devant lui. Je lui présente les documents qui sont en ma possession: passeport du chat et certificat de vaccination. Il prend les papiers et les observe longuement. Sûrement la première fois qu’il tient ce genre d’infos dans les mains. Il lève les yeux et me dit: “Come back this afternoon”. Là, et las de ce manque de sommeil et un tantinet à fleur de peau, je lui réponds gentillement que ce ne sera pas possible et que je suis ici maintenant et que je ne partirai pas sans cette permission de rentrer sur le territoire. Un petit coup de fil plus tard (3 minutes grand max), j’ai le sésame entre les mains. Celui qui permettra à Nuage de sortir de l’aéroport ... et par la même occasion, Cécile et Eva aussi!

Hello!

Hello à vous tous!
Vu le succès du précédent forum (3 ans déjà), nous rééditons l'expérience en vous proposant un moyen facile de rester en contact avec nous ... et par la même occasion, nous avec vous!
Ce blog nous permettra également de partager notre quotidien.
Comme vous l'aviez déjà fait à l'époque, nous attendons vos commentaires et vos réactions, histoire de rendre ce blog aussi vivant et interactif que possible. On compte sur vous.
En route pour de nouvelles aventures!

Namasté